Le schisme de la Sainte amitié.

by iNerg4l

Il n’y a rien de plus fascinant qu’un Homme qui se projette dans l’avenir.  A l’entendre, on pourrait le croire capable de tout révolutionner : sa vie, le monde, les mentalités, basculer les tendances; mener une vie quasi-idyllique, une vie aux saveurs bien différentes du présent dans lequel il séjourne malgré lui. Il se garantit et se jure alors de tout faire pour y parvenir, sans pour autant s’en donner les moyens. Me connaissant fort bien, mes projections étaient semblables à la vie que je menais à ce moment-là, à savoir une vie sans tumultes, et, délimitée par une passivité maladive.  Mais ce qui est formidable dans toutes ces belles projections, c’est qu’elles ne sont au final que des spéculations, des pronostics sans réelle garantie.

Le jour où j’arriva sur le seuil de l’Université, l’unique chose que je me jurais à moi même, c’était d’obtenir un diplôme à l’échéance des trois hypothétiques années pendant lesquelles je me jurais doublement d’étudier sans relâche. Rien de plus, rien de moins, je laissais l’avenir décider pour moi des péripéties qui allaient se glisser entre cette modeste entrée et ma glorieuse et future sortie. Je m’empêtrai jovialement dans les nouvelles jubilations intellectuelles supposées par la jeune universitaire que je devins. Anthropologie, le choix qui marquera à jamais ma vie par la rencontre que je fis parmi la masse que formaient les têtes de ma promotion.

Je ne m’étalerai pas sur les circonstances de cette rencontre car je risquerais de mes perdre dans les détails. Ce qui est sûr, c’est que cette cohésion sociale marquera le début de ce que je me permets d’appeler : l’Émergence.

Auparavant, je n’avais aucune réelle attache, je vagabondais de personne en personne. A quoi bon s’attacher ? J’étais un loup solitaire. Cela me satisfaisait car je n’avais de compte à rendre à personne, et, je me plaisais dans cette situation confortable. Anxiété, le sujet de toutes mes angoisses sociales, était une des raisons qui ne me poussait pas à m’auto-brutaliser pour ficeler des liens profonds avec les autres. Au delà de cette frénétique émotion qui m’habitait, le temps fit son office.

J’en viens aujourd’hui à l’aboutissement de deux ans de parfaite amitié. Parfaite amitié qui se solde par une rupture géographique. Quand je regarde l’horizon, je pense à toutes ces personnes séparées par des distances insoutenables. Ces personnes qui se remémorent leurs souvenirs en les faisant revivre par le pouvoir de l’imagination. C’est ainsi, maintenant, que je me devrai d’appréhender l’horizon, me dis-je instinctivement. Chaque lieu de la ville, berceau de mon enfance, trainera sa part d’ombre. Celle d’une personne qui est parvenue à graver dans la pierre son passage dans ma vie, en laissant son emprunte bien ancrée dans ma mémoire.

Alors, je lui dédicace ce piètre texte car elle aura réussi une chose que personne n’avait réussi jusqu’à présent : le sentiment de fraternité.

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