Quelques pensées fugaces que je tente de capturer

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Month: June, 2012

Observations d’une dépendance.

  • Peinture de Giacomo Balla, Velocità Astratta, 1913.

Ils étaient tous pressés. A regarder leur montre au poignet sans arrêt. A allumer, éteindre, rallumer, ré-éteindre l’écran de leur mobile continuellement. A l’affut de toute permutation de chiffre au fils des secondes, des minutes, des heures qui s’échappent. La diversité des éléments qui m’entourent m’offre un spectacle délectable dans ce métro bondé, et, régit par la fatigue et l’empressement d’un monde où le temps est maître. Je suis ainsi spectatrice de ces mouvements cycliques et perpétuels qui animent cette masse de zombies conditionnés par cette entité fuyante. Des horloges, il y en a partout. On en vient à être coupable lorsqu’il continu son chemin sans nous. Alors on reste en mouvement et on le suit docilement.

Pour déculpabiliser, inconsciemment, certains lisent, tandis que d’autres s’agitent inquiet d’un potentiel retard. Quelques têtes rêvassent le regard perdu en direction du paysage sordide et charbonneux qui s’offrent à eux à travers la vitre en plexiglas, où les railles forment des lignes discontinues floutées par la rapidité du transport. Au milieu de ces anonymes, des visages s’animent et se touchent pour se saluer, rite de passage promulguant la venue nauséeuse des échanges de banalités, sans pour autant oublier la séparation brutale et inévitable du prochain arrêt.

Chacun parvient à sa façon à échapper à l’ennui ; punition du temps sur l’esprit et le corps paresseux. Toujours quelque chose à faire, toujours quelque chose à penser. L’inactivité est prohibée, la productivité est obligée.

J’en viens moi-même à poser fatalement mes yeux sur ces chiffres tortueux. Un amer goût de défaite me plomb le morale. L’importance que l’on donne à cette dépendance est exactement la même que l’on voue inconsciemment au dioxygène, et c’est elle qui nous unie dans cet espace infini, les un aux autres. Et nous sommes obligés, par souci vital, de nous soumettre à ces assujettissements, – pour le peu que cette première existe réellement –, car sans elles, on se dirige tout droit vers notre mort sociale et physique.

Temps révolu, temps perdu !

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Le schisme de la Sainte amitié.

Il n’y a rien de plus fascinant qu’un Homme qui se projette dans l’avenir.  A l’entendre, on pourrait le croire capable de tout révolutionner : sa vie, le monde, les mentalités, basculer les tendances; mener une vie quasi-idyllique, une vie aux saveurs bien différentes du présent dans lequel il séjourne malgré lui. Il se garantit et se jure alors de tout faire pour y parvenir, sans pour autant s’en donner les moyens. Me connaissant fort bien, mes projections étaient semblables à la vie que je menais à ce moment-là, à savoir une vie sans tumultes, et, délimitée par une passivité maladive.  Mais ce qui est formidable dans toutes ces belles projections, c’est qu’elles ne sont au final que des spéculations, des pronostics sans réelle garantie.

Le jour où j’arriva sur le seuil de l’Université, l’unique chose que je me jurais à moi même, c’était d’obtenir un diplôme à l’échéance des trois hypothétiques années pendant lesquelles je me jurais doublement d’étudier sans relâche. Rien de plus, rien de moins, je laissais l’avenir décider pour moi des péripéties qui allaient se glisser entre cette modeste entrée et ma glorieuse et future sortie. Je m’empêtrai jovialement dans les nouvelles jubilations intellectuelles supposées par la jeune universitaire que je devins. Anthropologie, le choix qui marquera à jamais ma vie par la rencontre que je fis parmi la masse que formaient les têtes de ma promotion.

Je ne m’étalerai pas sur les circonstances de cette rencontre car je risquerais de mes perdre dans les détails. Ce qui est sûr, c’est que cette cohésion sociale marquera le début de ce que je me permets d’appeler : l’Émergence.

Auparavant, je n’avais aucune réelle attache, je vagabondais de personne en personne. A quoi bon s’attacher ? J’étais un loup solitaire. Cela me satisfaisait car je n’avais de compte à rendre à personne, et, je me plaisais dans cette situation confortable. Anxiété, le sujet de toutes mes angoisses sociales, était une des raisons qui ne me poussait pas à m’auto-brutaliser pour ficeler des liens profonds avec les autres. Au delà de cette frénétique émotion qui m’habitait, le temps fit son office.

J’en viens aujourd’hui à l’aboutissement de deux ans de parfaite amitié. Parfaite amitié qui se solde par une rupture géographique. Quand je regarde l’horizon, je pense à toutes ces personnes séparées par des distances insoutenables. Ces personnes qui se remémorent leurs souvenirs en les faisant revivre par le pouvoir de l’imagination. C’est ainsi, maintenant, que je me devrai d’appréhender l’horizon, me dis-je instinctivement. Chaque lieu de la ville, berceau de mon enfance, trainera sa part d’ombre. Celle d’une personne qui est parvenue à graver dans la pierre son passage dans ma vie, en laissant son emprunte bien ancrée dans ma mémoire.

Alors, je lui dédicace ce piètre texte car elle aura réussi une chose que personne n’avait réussi jusqu’à présent : le sentiment de fraternité.

A l’aube où l’ignorance entre en cohésion avec la connaisance.

En réponse à un texte ridicule… Dédié à ma personne.

Fac-simile #1 : Manifeste pour l’honneur.

Ne surtout pas oublier le ton interrogateur de son auteur ainsi que légèrement suffisant de ses propos à peine débordant de la naïveté du mauvais penseur. Pseudo-naïveté*, ne lui prêtons pas des qualités qu’il ne possède pas. Grand manipulateur à ses heures perdues, on se demande la part d’honnêteté dans cette longue tirade ? En tout cas, je n’ai pris aucun goût à le lire, juste une étrange et inéluctable envie de m’esclaffer, – ainsi qu’un dégoût mal caché que je me sens obligée d’extérioriser ici. Je ne vous cacherai pas que je jubile intérieurement à l’idée que, par un quelconque hasard déconvenu, il lui reviendrait à l’esprit de se questionner sur mon attitude vis-à-vis de lui comme une faille de ma part dans mon jeu social. Pourquoi pas après tout ? Rien de très sérieux, j’en ai bien peur.

Fac-simile #2 : « Au teint blafard ».

« Au teint blafard », voilà comment on me décrit. De toutes les caractéristiques physionomiques dont je jouis, – rien de très positivement beau malheureusement, c’est l’unique caractère qui me définit. J’en viens presque parfois à m’en vanter, sans aucune prétention car je n’y suis pour rien après tout. C’est un fait de la nature avec lequel je me dois de m’accoutumer bien malgré moi. Son lui au féminin ? Et puis quoi encore ? La seule et unique chose que nous partagions en commun est cet hasardeux fait de la nature, rien de plus. Si je ne disais rien en sa présence, c’est que l’inspiration me manqua cruellement. Et, ce malgré ses relances perpétuelles où il me menaça du regard et m’attaqua à coup de figure de style supposée sarcastique sans l’once d’une originalité. Si ces silences étaient si pesant, c’est que nous n’étions pas arrivé à ce degré d’intimité qui les rend si voluptueux. A quoi bon discuter quand tout est, a priori et a fortiori, mort ?